Vous êtes en train de shortlister des plateformes CDP ou marketing cloud.
Vous avez comparé les fonctionnalités. Vous avez regardé les prix. Vous avez peut-être fait une démo.
Mais une question reste en suspens : est-ce que cet éditeur sera encore là dans trois ans ?
Ce n’est pas une question théorique. Le marché CDP a traversé cinq ans de consolidation intense avec rachats, pivots stratégiques, éditeurs qui quittent silencieusement la catégorie. Forrester lui-même le note dans son Landscape B2B Q2 2025 : « Many vendors originally claiming to sell a B2B CDP have backed out of the market. »
Quand vous déployez une CDP, vous ne faites pas un achat logiciel ponctuel. Vous engagez votre infrastructure data pour trois, cinq, parfois dix ans. Vous formez des équipes. Vous construisez des processus autour de la plateforme.
Dans ce contexte, la question de la pérennité de l’éditeur n’est pas secondaire. Elle est centrale.
Cet article ne prétend pas avoir une réponse définitive. Mais il propose un éclairage utile : ce que cinq ans d’évaluations indépendantes par Forrester révèlent sur les caractéristiques des éditeurs CDP qui durent.
Ce que Forrester évalue — et pourquoi ça compte
Forrester Research publie deux types de rapports sur le marché CDP : les Landscape, qui dressent une cartographie large des acteurs disponibles, et les Wave™, qui évaluent en profondeur un ensemble restreint de plateformes, avec des démonstrations produit et des interviews clients directs.
La différence est importante.
Un Landscape dit : cet éditeur est présent sur ce marché, dans cette géographie, sur ces secteurs. Un Wave™ dit : cet éditeur a été testé, ses clients ont été interrogés, voici ce que nous en pensons réellement.
Figurer dans un Landscape demande d’exister. Figurer dans un Wave™ demande de démontrer.
Être évalué régulièrement dans les deux types de rapports, sur plusieurs années et sur deux marchés distincts (B2B et B2C), niveau monde ou Asie, est donc un signal plus fiable que n’importe quel prix marketing ou classement auto-déclaré.
C’est précisément ce que Forrester observe pour un nombre restreint d’éditeurs depuis 2021.
Cinq ans de marché CDP : ce qui a changé
En 2021, le marché CDP était en pleine croissance et encore largement non consolidé. De nombreux éditeurs se positionnaient sur la catégorie, parfois avec des définitions très élastiques de ce qu’est une CDP.
En 2026, le tableau est différent.
Dans son Landscape B2C Q1 2026, Forrester constate que la catégorie est désormais « établie » mais que les acheteurs se heurtent à un problème concret : la réalisation de valeur. 72 % des décideurs marketing signalent que les CDP sont des solutions coûteuses à implémenter et maintenir sur trois ans. Et beaucoup peinent à les déployer sur suffisamment de cas d’usage pour en justifier le ROI.
Côté B2B, le défi principal reste l’intégration et la consolidation des sources de données. Les acheteurs cherchent une plateforme qui unifie réellement leurs données clients, pas un outil supplémentaire qui s’ajoute à la complexité existante.
Dans les deux cas, le marché a mûri. Les attentes ont monté. Et les éditeurs qui ne tiennent pas leurs promesses sur la durée sont progressivement écartés des shortlists, ou quittent d’eux-mêmes la catégorie.
Ce que la régularité dans les évaluations dit d’un éditeur
Être mentionné une fois par Forrester peut tenir à un bon timing ou à un bon effort commercial de la part de l’éditeur.
Être évalué de façon répétée, sur cinq ans, sur deux marchés, avec des interviews clients incluses dans le processus demande quelque chose de plus simple et de plus difficile à la fois : exister de façon cohérente, livrer, et conserver des clients satisfaits.
C’est le fil rouge que révèle l’analyse des rapports Forrester entre 2021 et 2026. Certains éditeurs ont disparu des rapports. D’autres sont restés présents sur un seul segment. Un petit nombre maintient une présence structurée sur les deux marchés B2B et B2C, en EMEA et au-delà.
Cette cohérence, pas spectaculaire, pas bruyante, est en réalité l’un des indicateurs les plus honnêtes qu’un éditeur puisse offrir à un acheteur en phase d’évaluation.
Ce que Forrester dit des éditeurs CDP solides : les critères qui reviennent
En lisant l’ensemble des rapports publiés entre 2021 et 2026, plusieurs critères reviennent systématiquement dans la description des éditeurs qui maintiennent leur position.
La conformité intégrée par design, pas en option.
Les éditeurs durables ont construit la conformité dans l’ADN du produit. Ce n’est pas un module qu’on ajoute après coup, c’est une contrainte qui a façonné l’architecture depuis le début. Pour les organisations européennes, cela se traduit par des options d’hébergement flexibles (cloud dédié, on-premise, mode composable zéro copie), une gestion native des consentements, et une base de données dédiée par client, ce que les équipes data appellent le « tenant isolation ».
La flexibilité de déploiement.
Dans un marché où les contraintes d’infrastructure varient fortement selon les secteurs et les pays, les éditeurs qui imposent un modèle de déploiement unique sont progressivement écartés par les organisations avec des exigences fortes de souveraineté ou de conformité réglementaire (santé, secteur public, services financiers). Les Landscape Forrester catégorisent explicitement les éditeurs selon leurs modes de déploiement : multitenant SaaS, hosted private SaaS, on-premises.
Le no-code orienté métier, pas cosmétique.
La promesse de l’autonomie marketing est devenue standard dans les argumentaires. Mais Forrester distingue ceux qui la tiennent réellement, c’est-à-dire ceux où les équipes marketing peuvent segmenter, scorer, personnaliser et lancer des campagnes sans dépendre d’un ticket IT, de ceux qui nécessitent en pratique une assistance technique permanente.
La gestion des données B2B dans toute sa complexité.
Le B2B a des spécificités structurelles que beaucoup de CDP conçues pour le B2C peinent à gérer : les comptes, les foyers, les groupes d’achat, les rattachements entreprise-contact. Les éditeurs qui supportent nativement ces structures de données et qui permettent de construire des stratégies d’account-based marketing dessus — répondent à une attente que le marché B2B exprime depuis plusieurs années.
Ce que ces critères impliquent pour votre décision
Si vous êtes en train d’évaluer des plateformes CDP, ces critères suggèrent quatre questions concrètes à poser à chaque éditeur.
Quelle est l’architecture de déploiement, et qui décide ?
Un éditeur qui ne propose qu’un modèle cloud multitenant, sans option on-premise ni mode hybride (aussi appelé composable), fait un choix architectural qui peut entrer en conflit avec vos exigences de souveraineté des données ou vos contraintes sectorielles. La question n’est pas de savoir quel mode est « meilleur », c’est de savoir si vous avez le choix.
Où vivent vos données ?
Dans certains modèles (Cloud privé ou public), les données de vos clients sont copiées et persistées dans l’infrastructure de l’éditeur. Dans d’autres architectures on-premise ou dites « hybride », « composables » ou « zéro copie », la plateforme opère directement sur votre base de données, sans jamais déplacer ni stocker vos données côté éditeur.
Concrètement, cela signifie que vos données peuvent rester dans l’environnement que vous avez déjà choisi : OVHcloud, Azure, GCP, AWS ou Snowflake. Scal-e s’y connecte, y lit et y écrit, mais vos données ne quittent jamais votre périmètre.
Pour une DSI ou un DPO, cette distinction est fondamentale.
La conformité est-elle native ou ajoutée ?
Demandez à voir comment la gestion des consentements RGPD fonctionne en pratique, comment les droits d’accès et d’effacement sont traités, et si des certifications sectorielles sont disponibles (HDS pour la santé, SecNumCloud pour le secteur public). Un éditeur qui ne peut pas répondre précisément à ces questions n’a pas construit la conformité dans son produit.
Quelle est la dynamique client sur plusieurs années ?
Les Wave Forrester incluent des interviews de clients existants, c’est l’une des rares sources d’information réellement indépendante sur ce que vivent les organisations qui ont déployé la plateforme. Cherchez ces données. Elles disent des choses que les démos ne diront jamais.
Profil de déploiement : ce que les Landscape révèlent concrètement
Les deux derniers rapports Landscape Forrester (B2B Q2 2025 et B2C Q1 2026) offrent une photographie précise du positionnement des éditeurs encore actifs sur le marché.
Pour les éditeurs positionnés principalement en EMEA, les Landscape confirment un focus géographique cohérent, un ancrage sectoriel sur les services financiers, l’IT/tech, les télécommunications et le retail, et, pour les éditeurs les plus flexibles, la disponibilité de plusieurs modes de déploiement : hosted private SaaS, multitenant SaaS et on-premises.
Cette combinaison, géographie européenne, secteurs réglementés, flexibilité d’architecture, n’est pas anodine. Elle reflète les contraintes réelles des organisations qui opèrent sous droit européen, avec des exigences de localisation des données, de conformité RGPD et parfois de certifications sectorielles spécifiques.
Pour ces organisations, le choix d’un éditeur CDP n’est pas seulement un choix fonctionnel. C’est aussi un choix d’infrastructure et de gouvernance de la donnée.
Ce que Forrester dit spécifiquement dans son évaluation approfondie
Le Forrester Wave™ CDP B2B, dont deux éditions consécutives (Q3 2023 et Q3 2025) évaluent le même périmètre d’éditeurs, apporte un niveau de détail supplémentaire que les Landscape ne fournissent pas.
Sur la stratégie des éditeurs solides, Forrester valorise explicitement le fait d’avoir « construit la conformité dans l’ADN du produit » (« built compliance into the product’s DNA »). Sur les capacités, il valorise une compréhension des besoins spécifiques B2B, notamment la gestion des données third-party et les modèles de données sectoriels préconfigurés. Sur les retours clients, il note ce que les équipes apprécient réellement dans la durée : la capacité de gestion et d’unification des données, la facilité d’utilisation, la compétitivité tarifaire.
Ces signaux, répétés sur deux cycles d’évaluation distincts, sont plus fiables qu’une démo. Ils reflètent ce que des organisations réelles ont expérimenté sur la durée.
En résumé : comment lire les signaux de pérennité d’un éditeur CDP
Choisir une CDP, c’est choisir un partenaire pour plusieurs années. Les fonctionnalités peuvent évoluer. Les prix peuvent changer. Ce qui change moins facilement ; et qui mérite donc d’être évalué rigoureusement, c’est l’architecture sous-jacente, la solidité de l’éditeur dans le temps, et sa capacité à s’adapter aux contraintes réelles de votre organisation.
Les rapports Forrester ne sont pas une vérité absolue. Mais sur cinq ans, dans un marché aussi volatile que le marché CDP, ils offrent quelque chose de rare : une trace factuelle, répétée et indépendante de qui est présent, qui dure, et pourquoi.
C’est peut-être le point de départ le plus solide pour une décision d’achat qui engage votre infrastructure data sur le long terme.
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