Introduction
La recommandation CNIL sur le tracking des emails est en cours de finalisation. Dans les prochains mois, le tracking via pixels d’ouverture nécessitera un consentement explicite de vos contacts.
Cette évolution réglementaire n’est plus une hypothèse lointaine : elle arrive. Et elle impacte trois piliers techniques essentiels de l’email marketing : la délivrabilité de vos campagnes, l’efficacité de vos plans de chauffe, et la fiabilité de vos analytics.
Le moment d’agir, c’est maintenant. Voici ce que vous devez faire.
Le Pixel de Tracking : nouvelle réglementation imminente
Qu’est-ce que le pixel de tracking ?
Le pixel de tracking (ou pixel d’ouverture) est une image sible de 1×1 pixel intégrée dans vos emails. Lorsqu’un destinataire ouvre votre email, ce pixel se charge et envoie un signal à votre plateforme d’emailing.
Cette technologie vous permet actuellement de :
- Mesurer vos taux d’ouverture
- Identifier les contacts actifs vs inactifs
- Segmenter selon l’engagement
- Optimiser vos campagnes via A/B tests
La position de la CNIL
La CNIL considère que ce tracking constitue un traitement de données personnelles. Sa recommandation finale (attendue au premier trimestre 2026) imposera:
Consentement explicite obligatoire : une case à cocher dédiée, non pré-cochée, au moment de l’inscription.
Transparence renforcée : information claire sur l’usage du pixel et ses finalités.
Exemptions techniques en discussion : la CNIL pourrait autoriser le tracking pour certaines finalités techniques (hygiène de base, délivrabilité) sans consentement individuel, mais uniquement de façon agrégée et anonymisée.
Suite à la consultation publique de juillet 2025, la version finale est en préparation. L’application effective est prévue dans les 6 prochains mois.
Impact #1 : Délivrabilité en danger sans données d’ouverture
Le cercle vicieux de la délivrabilité
Sans accès aux données d’ouverture de vos contacts, voici ce qui se produira :
Impossible d’identifier les adresses dormantes. Vous ne saurez plus qui n’ouvre jamais vos emails. Résultat : vous continuerez à envoyer à des contacts désengagés ou inactifs.
Envois à des adresses invalides. Les adresses abandonnées, les boîtes pleines, les spam traps resteront dans vos bases sans que vous puissiez les détecter.
Dégradation de votre réputation d’expéditeur. Les FAI (Gmail, Outlook, Yahoo) observeront que vous envoyez massivement à des contacts non engagés. Votre sender score baissera.
Vos emails légitimes finiront en spam. Une fois votre réputation dégradée, même vos meilleurs contacts risqueront de ne plus recevoir vos messages en boîte de réception principale.
Les signaux alternatifs à mettre en place dès maintenant
Vous devez déjà commencer à vous appuyer sur d’autres indicateurs :
Taux de clics : plus fiable car nécessite une action consciente
Conversions : achats, téléchargements, inscriptions
Réponses aux emails : engagement direct
Désabonnements et plaintes spam : signaux négatifs forts
Ces métriques doivent devenir vos nouveaux KPIs dès aujourd’hui. Problème : elles sont moins fréquentes que les ouvertures, donc moins de données pour piloter vos campagnes.
Impact #2 : E-mai warmup à repenser
Rappel : qu’est-ce qu’un email warmup ?
L’email warmup consiste à augmenter progressivement le volume d’emails envoyés depuis une nouvelle adresse IP ou un nouveau domaine. Objectif : construire une réputation d’expéditeur positive auprès des FAI.
Un warmup classique s’étale sur 4 à 8 semaines :
- Semaine 1 : 10-50 emails/jour
- Semaine 2 : 50-200 emails/jour
- Semaine 3 : 200-500 emails/jour
- Semaine 4+ : montée progressive vers le volume cible
Pourquoi la nouvelle réglementation complique le warmup
Le succès d’un plan de chauffe repose sur la mesure de l’engagement : taux d’ouverture élevé, peu de plaintes spam, bonne interaction.
Sans données d’ouverture :
- Vous piloterez à l’aveugle la progression
- Impossible de valider si le warmup fonctionne
- Risque d’accélérer trop vite sans voir les signaux d’alerte
- Difficile de détecter un problème avant qu’il soit trop tard
Solutions à mettre en place immédiatement
Prolonger la durée du warmup. Passez dès maintenant de 4-6 semaines à 8-10 semaines pour compenser le manque de visibilité à venir.
Surveiller intensément les taux de clics et conversions. Ces métriques deviennent vos baromètres principaux, même si moins sensibles.
Investir dans des outils de deliverability testing. Services comme GlockApps, MailTester ou 250ok pour vérifier votre placement en boîte de réception.
Commencer avec vos contacts les plus engagés. Ciblez d’abord ceux qui ont cliqué récemment (dernier KPI fiable), puis élargissez progressivement.
Impact #3 : Analytics et mesure de performance à réinventer
Métriques qui vont devenir obsolètes
Le taux d’ouverture est aujourd’hui un KPI central du marketing par email. Très prochainement, ce taux deviendra :
Incomplet : seuls les contacts ayant consenti au tracking seront comptabilisés
Biaisé : taux artificiellement bas ne reflétant pas la réalité
Non comparable : impossible de comparer des campagnes avant/après la nouvelle réglementation
Segmentation comportementale à reconstruire
Vos segments actuels reposent probablement sur des critères d’ouverture :
- « Actifs 30 jours » : contacts ayant ouvert au moins 1 email dans les 30 derniers jours
- « Inactifs 90 jours » : contacts sans ouverture depuis 90 jours
- « VIP engagés » : contacts ouvrant >70% des emails
Ces segments devront être reconstruits sur de nouveaux critères dès maintenant.
A/B testing à repenser
Les tests sur l’objet, l’heure d’envoi ou le nom d’expéditeur reposent sur le taux d’ouverture. Sans cette métrique, vous perdrez :
- La capacité à tester l’impact de l’objet
- L’optimisation des créneaux d’envoi
- La validation de vos hypothèses sur les préférences
Commencez à tester des A/B basés sur les clics et conversions dès maintenant.
Transition vers des métriques « hard »
Votre stratégie analytics doit pivoter dès aujourd’hui vers des indicateurs concrets :
Taux de clics (CTR). Seule action prouvant un engagement réel et mesurable sans consentement tracking.
Taux de conversion. Achats, inscriptions, téléchargements : KPIs business directement liés à votre ROI.
Revenus générés par email. Metric ultimate qui ne dépendra pas du pixel de tracking.
Engagement cross-canal. Suivez l’activité post-email : visites site web, interactions app, appels.
Comment Scal-e Vous Aide à Anticiper Cette Transition
Gestion granulaire des consentements
Scal-e intègre nativement un Preference Center permettant à vos contacts de gérer leur consentement au tracking de manière spécifique :
- Accepter les emails marketing mais refuser le tracking
- Consentir au tracking pour certains types de communications uniquement
- Modifier leurs préférences à tout moment
Cette fonctionnalité est déjà disponible et conforme aux futures exigences CNIL.
Segmentation avancée sans dépendance aux ouvertures
Les modules Calculated Fields et Ranking de Scal-e permettent de créer des segments sophistiqués basés sur :
- Comportement transactionnel (RFM)
- Clics et conversions
- Engagement cross-canal (web, app, email)
- Scoring personnalisé selon vos critères
Analytics multi-sources
Plutôt que de dépendre uniquement des pixels d’ouverture, Scal-e unifie les données d’engagement depuis :
- Votre site web (Google Analytics, Adobe Analytics)
- Vos applications mobiles (SDK)
- Vos outils CRM (Salesforce, HubSpot)
- Vos plateformes e-commerce (Shopify, Magento)
Résultat : une vision complète de l’engagement client qui ne repose pas sur une seule métrique vulnérable.
Pourquoi agir maintenant et pas demain
Vous avez une fenêtre d’opportunité critique de 3 à 6 mois avant l’application effective de la recommandation CNIL. Pendant cette période :
Vous avez encore accès aux données d’ouverture : utilisez-les pour nettoyer vos bases et établir des benchmarks de référence.
Vous pouvez tester en parallèle : comparez les performances des anciennes et nouvelles métriques.
Vous évitez la précipitation : les organisations qui attendront le dernier moment subiront une baisse brutale de performance.
Vous construisez un avantage compétitif : vos concurrents qui tardent verront leur délivrabilité s’effondrer pendant que vous maintenez vos performances.
L’adaptation est une opportunité
La recommandation CNIL sur le tracking des emails n’est plus une menace lointaine : elle arrive dans les prochains mois. Elle impose de repenser trois aspects fondamentaux de l’email marketing : délivrabilité, warmup et analytics.
Les organisations qui agissent dès janvier 2026 auront un avantage compétitif décisif. Celles qui attendent subiront une chute brutale de leurs performances au moment de l’application.
L’enjeu dépasse la simple conformité réglementaire. C’est l’opportunité de construire une relation plus transparente avec vos contacts, tout en développant des capacités de mesure plus robustes et moins vulnérables aux changements réglementaires futurs.
Le moment d’agir, c’est maintenant. Pas demain. Pas la semaine prochaine. Maintenant.

