2020 et le CCPA : Année compliquée pour la data

2020 est arrivée avec son cortège de bonnes résolutions. Ce qui nous ferait presque oublier les nouvelles réglementations. Et l’une d’entre-elles fait déjà l’effet d’une bombe dans le monde du marketing, pour ceux qui n’y sont toujours pas préparés. Vous ne voyez pas de quoi je parle ?

CPPA : la nouvelle arme

Alors il est grand temps qu’on vous prévienne : le CCPA arrive d’un pas ferme et décidé. CCPA pour California Consumer Privacy Act, la toute nouvelle RGPD Californienne.

Vous entendrez peut-être dire qu’il reste quasiment un an pour se mettre aux normes, que les tribunaux seront cléments au moins la première année pour ne pas casser le marché et ne pas mettre sur la paille des entreprises de bonne foi. Que nenni ! Certes la loi ne sera applicable qu’en Juillet, néanmoins son effet rétroactif remontera jusqu’au 1er Janvier 2020.

Le CCPA prêt à être dégainé

Et à en croire les dires du procureur général de Californie Xavier Becerra, son bureau sera « agressif » et ce « dès le départ », en particulier pour les informations personnelles des mineurs de moins de 17 ans. Et il sera sans doute suivi par de nombreux « chercheurs d’or », sentant d’ici le bon filon, prêts à dégainer leur pioche, et surtout, le CCPA. A 2500$ d’amende pour chaque violation involontaire, on va assister à une nouvelle ruée vers l’or.

Car même aux Etats-Unis on n’est pas encore prêt. Il semblerait en effet selon des éditeurs bien renseignés, que beaucoup d’entreprises soient incapables de satisfaire les requêtes CCPA au mois de Mai pour des visites sur leur site en Janvier. D’ailleurs, d’autres semblent être prêts à jouer les fortes têtes en refusant d’installer sur leur page d’accueil le fameux lien polémique, ou « bouton de la honte », « Do Not Sell My Personal Information », qui va devenir obligatoire et « clairement visible ». Certains annonceurs, de leur côté, préfèrent le parti de la prudence et annoncent déjà se retirer temporairement de campagnes de publicité ciblée touchant le territoire californien.

CCPA : RGPD Californienne ?

Pour ceux n’ayant pas suivi l’affaire, on vous résume le CCPA, tout en vous invitant à lire les descriptions complètes. Le CCPA donne le droit aux citoyens californiens :

1.     De connaître quelles informations sont collectées sur eux

2.     De savoir si leurs données sont vendues ou divulguées, et à qui

3.     De refuser la vente de leur données

4.     D’accéder à leurs données

5.     De demander à une entreprise de supprimer toute information qu’elle détient sur la personne qui en fait la demande

6.     Et enfin, de ne pas subir de discrimination pour faire exercice de ce droit

Ce qui s’applique à toute entreprise ayant des activités économiques en Californie et satisfaisant au moins une des trois conditions ci-dessous :

·      Avoir un revenu brut supérieur à 25 millions de dollars

·      Vendre ou acheter les informations de 50000 clients ou foyers

·      Gagner plus de la moitié de ses revenus annuels grâce à la vente de données personnelles

Et à cela s’ajoute l’obligation légale “d’implémenter et maintenir des procédures et pratiques de sécurité raisonnables” dans la protections des données personnelles. Le seul point flou qu’il reste encore aujourd’hui est de savoir si les données acquises via un tiers sont des données personnelles (toujours en débat au moment de la rédaction de cet article). Ce qui est le cas de la RGPD qui ne fait pas la distinction en fonction de la source, à moins que l’information ait manifestement été rendue publique par le sujet lui-même.

Si la réponse est oui, alors le commerce de la data risque d’en prendre un sacré coup, et la traçabilité de la donnée va devenir essentielle, pour pas dire vitale.

Sources :

https://en.wikipedia.org/wiki/California_Consumer_Privacy_Act

Scal-e est une CDP (Customer Data Platform) permettant de connecter plusieurs flux de données (site internet, points de vente, et autres) dans un seul datamart. Ainsi les marques ont accès à des données propres : des profils clients unifiés, des informations à jour en temps réel, pour mieux connaître leurs clients et répondre à leurs besoins au bon moment, par le bon canal. Dans la même plateforme, les marques peuvent construire leur stratégie marketing (audience builder, scénarisation, planification, programme de fidélité) et l’appliquer sans changer de logiciel.

Edouard Pelouse

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